Motricité libre et bénéfices pour votre enfant (et pour vous)

Motricité libre : 5 raisons de l’adopter chez soi

La motricité libre est un des principes de base dans la pédagogie Montessori.
Pour autant, ce terme est réellement apparu avec les travaux d’Emmi Pikler, une pédiatre hongroise inspirée des travaux de Maria Montessori.

Leur vision du développement de l’enfant est similaire. 
Personne ne doit imposer à l’enfant quelle est la bonne façon ni le bon moment de s’asseoir, se retourner, se lever ou se saisir de tel objet.
Seul lui peut ressentir ce que cela implique dans son corps.

En laissant l’enfant se mouvoir librement, il évolue à son rythme. Se construisant pierre après pierre, sans sauter d’étape majeure dans son processus inné de développement.

Cela implique, en tant que parent, d’apprendre à observer, intervenir le moins possible et préparer un environnement adapté et sécurisé.

Mais les avantages de la motricité libre en valent le coût.
Découvrez dès à présent 5 raisons de promouvoir la motricité libre dans votre intérieur. 

Motricité libre : 5 raisons de l'adopter chez soi | ICy déco
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#1 - Quand motricité libre rime avec liberté d'évolution

En se déplaçant à son aise, en ayant accès à ce qui l’entoure, votre enfant découvre librement son environnement.

En faisant cela, il se construit par lui même.
Il essaie. Il trébuche.
Mais il prend conscience, à la fois de son corps, et aussi des choses avec lesquelles il interagit.

Certes, cela ne veut pas dire absence de limites. Toutefois, pensez bien à les mettre en place, non pas en écho à vos craintes, mais en observant les aptitudes de votre enfant.
En veillant à avoir un intérieur sécurisé, vous lui laissez l’opportunité d’apprendre à son rythme et selon ses envies.

Monter les escaliers n’est donc pas interdit pour un enfant de 12 à 18 mois. 

Il faudra juste se tenir à proximité.
Lui montrer que vous êtes présents s’il a besoin d’aide.
Et l’accompagner dans ses mouvements, sans lui imposer votre manière de faire.

Vous verrez, il y arrivera très bien. Et le risque de chute à long terme est nettement diminué en le laissant écouter ses sensations.

Apprendre à monter les marches sereinement avec la motricité libre

#2 - Une physiologie respectée pour une motricité de qualité

Le temps des premiers mois

Un bébé est fait pour être allongé.
Ses muscles ne sont pas assez solides pour supporter son poids.

Le transat peut apparaître comme une bonne solution pour vos enfants. Toutefois, cela lui impose de contracter en permanence certains muscles pour maintenir la position, même s’il est bien maintenu.

Les premiers mois, rien ne vaut donc un petit couffin (ou nacelle). L’enfant peut ainsi être déplacé d’une pièce à l’autre, pour rester avec ses parents, tout en lui permettant de conserver un repère physique sécurisant.

Très vite, vous pourrez passer sur un tapis au sol. Il a l’avantage de ne pas entraver sa vue et ses mouvements.
En plaçant des objets à côté de lui, cela l’incitera petit à petit à se retourner pour les attraper.

Ainsi viendra le cheminement vers le déplacement à plat ventre, puis à 4 pattes avant de se lever sur ses 2 jambes.

Motricité libre et développement naturel d'un enfant épanoui

A l'approche de la marche

Avant de se déplacer librement sur ses deux jambes, il y a tout un processus physiologique à respecter.
Pour appréhender son centre de gravité. Trouver l’équilibre. Réussir à ne faire porter son poids que sur ses 2 pieds.
 

Les trotteurs de notre enfance ont longtemps été plébiscités comme outil d’accompagnement à l’apprentissage.
Vous savez, le youpala, où l’enfant est installé dans une sorte de fauteuil, à moitié assis, à moitié debout, avec toute une structure sur roulettes autour.

Pour autant, les études scientifiques montrent désormais qu’ils ne sont pas du tout adaptés à la physiologie de l’enfant. 
Ils sont souvent à l’origine de mauvais placement de pieds et impactent aussi le positionnement du bassin.

Pour s’entraîner à marcher, tout en respectant son développement naturel, un objet à pousser sera parfait pour votre enfant.
Vous entendrez parfois le terme chariot de marche, voire même trotteur.

Dans tous les cas, le but est que l’enfant se tient seul debout derrière l’objet. Ce dernier permet de créer une résistance pour limiter le basculement vers l’avant.
Néanmoins, au début, cela demandera souvent de régler les freins des roues, pour accentuer cette résistance.
Veillez donc à choisir un modèle en conséquence.

La présence de meubles bas est aussi un plus car il pourra s’y agripper pour se relever et tenter ses premiers pas.
Et si vous optez pour un petit chariot, il se donnera à coeur joie de transférer des objets d’un meuble à un autre, en l’utilisant.

Trotteur en bois, façon chariot de marche – Les Petits Raffineurs

Enfin, la motricité libre prône la marche pied nu.
L’enfant active ainsi chacun des os de ses pieds, facilitant sa relation au sol et son travail d’équilibre.

#3 - Une liberté motrice pour un cerveau créatif

Avec la motricité libre, l’enfant apprend très tôt à se confronter à des problèmes et à devoir lui même trouver des solutions.
   –  Comment réussir à attraper cet objet placé sur le côté du tapis?
   –  Comment récupérer le doudou posé sur le canapé?
   –  Comment rejoindre papa ou maman qui est dans la pièce attenante?

Bien entendu, les parents (et les encadrants), sont présents pour accompagner l’enfant dans son apprentissage.
S’il bloque vraiment, un coup de pouce pourra lui être donné.
Mais en le laissant évoluer à son rythme, cela l’aide à développer sa créativité, tout en analysant lui même ses actions.

Car la créativité n’est pour autant pas antagoniste de prudence. Bien au contraire.
Ses démarches sont réfléchies et anticipées afin de mesurer le danger.
L’enfant n’agit donc pas que par instinct. Il profite surtout de ses expériences passées.

Ayant appris jeune qu’il a la capacité de rebondir et trouver des solutions, il sera mieux armé pour gérer les problèmes, frustrations et imprévus de la vie, quand il sera plus grand. C’est ce que tendent à montrer de plus en plus d’études menées par des psychologues.

Or si la motricité libre permet à l’enfant d’être un individu curieux, avec un esprit d’initiative et de persévérance, c’est en partie lié à la confiance en soi qu’elle lui permet d’acquérir.

Quand motricité libre rime avec curiosité et créativité

#4 - Quand la motricité autonome cultive la confiance en soi

En réalisant des actions par lui-même, votre enfant développe sa confiance.

Chaque jour, il va répéter des mêmes gestes, pour se rassurer et adopter la meilleure façon de faire. Petit à petit, à force de réussite, il va donc oser tenter de nouvelles expériences. 
C’est cela la force du développement naturel de l’enfant par la motricité libre.

En étant acteur et décisionnaire de ses expériences, il gagne en autonomie
Plus vous le laissez faire en lui donnant votre confiance, plus la sienne se développe.

Ses gestes seront beaucoup plus assurés qu’un enfant qui nécessite en permanence l’assistance de ses parents.
Certains enfants iront ainsi plus vite dans leurs apprentissages.

Cependant, même avec la motricité libre, un enfant peut attendre 17 mois pour marcher.
J’en sais quelque chose.

Mais la motricité, ce n’est pas que la marche
L’ensemble des fonctions qui permettent le contrôle des mouvements sont concernées.
On parle d’ailleurs bien de motricité fine pour les gestes précis des mains et doigts.

Et puis, en découvrant librement son environnement grâce à la motricité libre, il a très bien pu s’attarder sur des objets développant d’autres compétences : langage, perception de l’espace, des couleurs…

La motricité fine autonome pour développer la confiance en soi

#5 - La motricité libre comme moyen d'intégration

Avec le choix de la motricité libre, l’idée est de laisser l’enfant accéder à un maximum d’endroits.

Ainsi, il peut plus facilement avoir, au quotidien, de vrais moments de partage avec les membres de sa famille.
Cela génère un
sentiment d’appartenance qui sécurise l’enfant et le pousse à tenter toujours plus de nouvelles expériences.

Par ailleurs, la motricité libre limite les situations de dépendance, souvent à l’origine de disputes.
Car, l’enfant a besoin d’être accompagné dans ses expériences. Mais avant tout, il a besoin que ses parents l’aident à faire seul.
Or, c’est vrai que pour gagner du temps, il peut être tentant de faire à sa place.
Cependant, s’il en prend l’habitude, vous perdrez systématiquement du temps à l’aider. Ce qui n’est ni bénéfique pour vous et pour lui.

Dès lors que votre enfant peut se débrouiller seul, il n’a plus inlassablement besoin de vous.
Vous avez donc du temps pour vaquer à vos occupations ou vous occupez de ses frères et soeurs.
Aucun membre de la famille ne se sent alors délaissé. L’intégration de chacun s’en trouve facilitée.

Détourner une caisse en bibliothèque enfant pour un salon Montessori friendly
famille epanouie Montessori friendly

Pour aller plus loin...

Les avantages de la motricité libre ne sont donc plus à prouver.

Que ce soit pour les besoins physiques et psychiques de votre enfant, ce principe a tout bon.
Mais la mettre en place peut parfois être perçue par d’autres comme du laxisme.

Libre de ses mouvements, sans barrière physique, votre enfant peut aller où bon lui semble.
Il peut donc être amené à faire des choix contraires à ce que vous souhaitez en tant que parent. C’est notamment le cas, lorsqu’il se lève de son lit au sol alors que vous estimez qu’il est l’heure de se coucher.

Toutefois, liberté ne veut pas dire absence de cadre.
Dites vous juste que les enfants préfèrent les règles aux interdits.
Alors prenez le temps d’exprimer vos consignes en regardant vos enfants dans les yeux. Acceptez de devoir les répéter plusieurs fois pour qu’elles soient comprises. Et surtout, gardez votre cap.

N’oubliez pas que « l’activité autonome est un mode de vie« , comme le dit le Dr Szanto-Feder.
Commencez donc par croire en la capacité de vos enfants. Adaptez votre intérieur à leur développement.
Et ensuite, la motricité libre se mettra en place naturellement, dans un environnement sécurisé.

Pour aller plus loin à ce sujet, vous pouvez consulter (ou relire) ces précédents articles  :
– Chambre Montessori : principe des 4 espaces distincts
Aménagement Montessori : adoptez le partout dans la maison
Et si vous voulez recevoir les prochains articles, concernant l’optimisation d’espace et la décoration d’un habitat familial Montessori friendly, inscrivez-vous gratuitement à la newsletter ICy déco :

A bientôt, Cyrielle

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